L'âge mur de la vie

Le jour de la vie, si le charme se fait poésie, si le délire change de bord, la catastrophe sera apostrophe. Ne pas chercher mais trouver la solution au naufrage imminent.

J'avancerai sans secours jusqu'au bout de la cour du chemin traversier. Je trouverai un abri à l'ombre du platane droit et rayé de flèches et de graffs enlacés. Sous le platane doré où la lumière aime chanter, les nuages s'y privent d'entrer.

Puis, à l'ombre du chêne endormi, le miroir glacé contemplera mon admiration certaine d'un « je » incertain de l'être vraiment. Le malheur nous emportera-t-il ? La malchance du pauvre de ne pas être riche et du penseur de ne plus rêver. Et mes étoiles, et toutes ces étoiles qui ne sont pas encore miennes parce qu'elles n'ont pas croisé mon regard voleur et mes yeux photographes.

Ma vie, je donnerai à ne voir que des ciels bleus, des visages heureux, des larmes de joie.

Ma mort à la poussée des tombes, aux massacres des bombes ! Et que ma colère gronde, ma vie veut vivre ! Et si je laisse des traces, le vent les emportera.

Et puis un beau jour, fini la mort, fini la vie, je vous ai vu et je vous trouvais tellement beau qu'une larme sur ma joue a coulé.

Un être de chair et de sang, un être de sentiment. Le chevalier à la flèche n'avait pas de bouclier pour se protéger, il me transperça le cour et je l'inondai de mes pleurs. Et si un jour la larme vient à me manquer, je boirai dans son regard ses paroles au sujet de Nature et d'hyperboles flatteuses de beauté câline. L'ami brisera mon cour et tombera de cheval pour être à ma hauteur, je lui planterai des pics de douceur et lui ferai boire des potions d'amour magiques à l'eau de roses en récitant toutes sortes de magies rouges éternelles au milieu d'espaces blancs de couleurs.