Nouvel An (2007)

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L'histoire du Nouvel An Lunaire

En Asie, vivent toutes sortes de gens qui célèbrent plein de fêtes différentes. Mais, il en existe une que tout le monde célèbre : c’est le Nouvel An Lunaire que nous appelons Nouvel An chinois.
Ce jour-là, chaque habitant place, sur sa porte d'entrée, des papiers rouges sang où sont écrits plein de bons vœux pour la nouvelle année. Puis, à l’aube, les habitants font exploser des pétards. L’histoire qui suit explique pourquoi les gens agissent ainsi. Il y a bien longtemps, quand de puissants dragons vivaient sur la terre et dans les mers, personne ne célébrait le nouvel an lunaire. Dans un petit village, ce jour était même le plus horrible de toute l'année car le fantôme d’un dragon des mers, tué quelques ans plus tôt par l’un des habitants, revenait alors hanter le village.
Lorsque Nian (tel était son nom) apparaissait, il secouait son horrible tête et hurlait :

-J'ai faim. Donnez-moi un premier-né à manger !

-Non ! Non ! Nous ne ferons pas ça !, répondaient les villageois en pleurs. Nous ne vous donnerons pas d'enfant à manger !

-Alors je vais tous vous tuer ! », lançait Nian.

Mécontent, il soufflait sa chaude haleine puante en direction du village. La fumée s’insinuait alors partout dans les maisons. Les villageois ne pouvaient plus respirer : ils toussaient et certains tombaient même dans les pommes..Un homme, le plus sage du village, estimât que Nian pourrait facilement tous les tuer. Il décida donc, à contre-cœur, de donner son premier enfant au dragon afin de sauver le reste du village.Mais, Nian revint tous les ans et, chaque année, une famille devait donc sacrifier son fils aîné pour satisfaire l’appétit de l’animal.
Une année, ce fut au tour de la jeune Veuve Teng de sacrifier son seul enfant : un beau garçon qui allait avoir cinq ans. Comme le voulait la tradition, quatre jours avant le nouvel an, le prêtre du village quitta son temple et se rendit à la maison de la pauvre mère.

A son passage, tous les villageois se demandaient :

-Où va-t-il cette année ?

-Chez la Veuve Teng, dit une femme.

-Oh non pas chez elle. Elle n’a qu’un seul enfant ! s’écria une autre.
Les voisins de Madame Teng s’étaient rassemblés tout autour de la maison. Ils s’attendaient à entendre des cris de douleur au moment où elle apprendrait la terrible nouvelle. Mais aucun son ne parvint de sa petite maison.Lorsque le prêtre repartit, ils se précipitèrent pour voir ce qui se passait. Ils la trouvèrent assise dans sa cuisine.
Le prêtre ne vous a pas annoncé la mauvaise nouvelle ? lui demandèrent-ils.
Si, répondit la veuve calmement.
Mais pourquoi ne pleurez-vous pas ? s’étonnèrent-ils.
Parce que je n'en ai pas de temps, leur dit-elle. Il faut que je trouve une façon de piéger le dragon afin qu’il ne me prenne pas mon fils.
Pendant trois jours et trois nuits, elle fit donc les cent pas dans sa maison, essayant d’échafauder un plan. Elle alla consulter la diseuse de bonne aventure, les prêtres et tous les villageois. Elle priait également ses ancêtres et tous les dieux dont elle connaissait le nom.
De temps en temps, elle faisait une pause et regardait son fils qui jouait sagement dans la cour. Lorsque son fils s’endormit, elle s’assit à côté de lui et lui caressât doucement le visage, qui ressemblait tellement à ce lui de son père. Epuisée, elle s’endormit à son tour, à même le sol, juste devant l’autel de ses ancêtres.
Lorsque son fils se réveilla, il n’osât pas la réveiller car elle rêvait peut-être et il ne voulait pas interrompre son rêve… Bien lui en prit car, effectivement, sa mère faisait un drôle de rêve.

Comme elle n’avait pas dormi depuis trois jours, plein d’images lui venaient dans un ordre décousu. Elle voyait des dragons et des fantômes, la peur et la crainte, des enfants innocents et de la douleur, du sang et de grands bruits et puis de la joie… Tout tourbillonnait dans sa tête.
Quelques heures avant l'aube, elle se réveilla, la tête encore douloureuse d’avoir tant rêvé. Et alors, le miracle se produisit. Les images décousues s’assemblèrent et elle su ce qu’il fallait faire.

Les dragons de son rêve avaient peur de deux choses : du sang et des violents bruits. Or, quand quelqu'un a peur, il s’enfuit en courant. Son plan était donc simple : mettre du sang sur sa porte et faire autant de bruit que possible.
Seulement, la Veuve Teng était si pauvre qu’elle n’avait même pas un poulet à tuer pour en prendre le sang. Alors, elle prit son couteau le plus pointu et se coupa au doigt, laissant couler son sang sur un tissu jusqu'à ce qu’il tâche entièrement l’étoffe. Puis, elle prit le tissu et l’accrocha sur sa porte.Ensuite, il lui fallait trouver comment faire de violents bruits… Les pétards auraient été une bonne idée, mais elle n’avait pas assez d’argent pour en acheter. Elle réfléchit donc et pensa aux bambous. Elle savait que lorsque des morceaux de bambou brûlent, ils se fendent dans un bruit épouvantable.Elle prit son couteau pointu et s’en alla dans le froid afin de couper une douzaine de grands morceaux de bambou. Elle les plaça en pyramide devant sa porte, juste en-dessous du tissu taché de sang..

Ainsi disposés, ils brûleraient rapidement et éclateraient tous à la fois. Mais, elle devrait allumer le feu juste à temps, ni trop tôt, ni trop tard, pour que les bambous éclatent au visage du fantôme du dragon.
Elle alluma une petite torche et s'accroupit dans l’embrasure de sa porte, attendant l'aube et la venue du dragon. Elle attendit et attendit. Tout était calme. Si calme que le seul bruit qu’elle entendait était les coups de son cœur.

Finalement, la lune et les étoiles ont commencé à disparaître du ciel et elle entendit, au loin, le hurlement du fantôme. Chaque villageois était tapi dans son lit, bien au fond des édredons et des couvertures. Mais, personne ne dormait sauf le fils de la Veuve Teng…

Soudain, on entendit un hurlement. Nian devait être dans le centre du village. La Veuve Teng allait bientôt devoir mettre le feu à la pyramide de bambous.
Elle entendait la terre qui tremblait sous le poids du fantôme du dragon. Celui-ci descendait à présent sa ruelle. Il se rapprochait de sa petite maison… Elle alluma alors le feu. Et ce qui devait arriver se produit.

Une fois devant chez elle, Nian s'arrêtât net. Voyant le linge taché de sang, il se mit même à hurler si fort que le fils de la Veuve Teng se réveilla. Au même moment, le feu de bambous éclatât. Terrifié, Nian s’enfuit en courant à travers le village.
Elle entendait la terre qui tremblait sous le poids du fantôme du dragon. Celui-ci descendait à présent sa ruelle. Il se rapprochait de sa petite maison… Elle alluma alors le feu. Et ce qui devait arriver se produit.

Une fois devant chez elle, Nian s'arrêtât net. Voyant le linge taché de sang, il se mit même à hurler si fort que le fils de la Veuve Teng se réveilla. Au même moment, le feu de bambous éclatât. Terrifié, Nian s’enfuit en courant à travers le village.
Et la Veuve Teng ? Elle s’assit sur son perron et de grosses larmes de joie commencèrent à couler sur ses joues. Les gens du village accoururent. Les cloches se mirent à sonner et des pétards éclatèrent de tous les côtés pour exprimer ce bonheur d’avoir chassé le dragon.

C’est pourquoi, depuis ce jour, chaque année, dans tous les villages, on met des papiers couleur rouge sang autour des portes et, à l’aube, on allume des pétards qui font plein de bruits.